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Pontivy

NAPOLEONVILLE: LE QUARTIER NAPOLEONIEN

En 1802, Napoléon remarque un lieu exceptionnel au coeur de la Bretagne. Il prend la décision de construire une ville nouvelle et décide d'en faire le centre d'un "grand commerce dans la paix" et d'un centre militaire dans la guerre. Ainsi, Pontivy devient "Napoléonville" en 1804.

Sous préfecture – mairie

Cet immeuble a été construit à partir de 1807. Il abrite l’hôtel de ville depuis 1834 et la sous-préfecture depuis 1839. L’importance du bâtiment et de ses occupants s’exprime par des volumes imposants, plus que par des éléments de décor : un corps central massif, presque aussi haut que large, est flanqué de deux ailes en équerre, elles-mêmes prolongées par des pavillons latéraux.

Palais de justice

La réalisation de ce palais de justice a débuté en 1805 pour ne s’achever qu’en 1846. Son style néoclassique reprend les codes d’une architecture antique épurée et idéalisée : les colonnes à chapiteaux ioniques et le fronton simplement mouluré rythment la façade, mais sans décor superflu. A l’arrière, à l’emplacement de l’actuel bureau de poste, se trouvait une maison d’arrêt civile et militaire, utilisée de 1813 à 1936, et détruite en 1960.

Lycée impérial (Lycée Joseph Loth)

Premier ouvert en Bretagne centrale (1806), le lycée impérial est d’abord installé dans l’ancien couvent des sœurs Ursulines, édifié au XVIIe siècle. Restauré en 1889, l’établissement a été modernisé à partir de 1986, tout en conservant des éléments des bâtiments d’origine.

Eglise impériale Saint-Joseph

Financé par un don octroyé à Napoléonville par l’empereur Napoléon III lors de sa visite en 1858, le sanctuaire a été édifié entre 1860 et 1869. De style néo-gothique, l’église est demeurée extérieurement inachevée (absence de flèche du clocher). On remarque la gargouille surmontant le porche, côté gauche, qui représente l’impératrice Eugénie et, à l’intérieur, les vitraux aux armes impériales.

Quartier de cavalerie – Quartier Clisson

Ce superbe quartier reçut sa première garnison « 660 hommes et 700 chevaux » en 1811. Une partie des matériaux ayant servi à sa construction proviendrait du château de Coët-an-Fao en Séglien. Le gigantisme et la sévérité architecturale de l’ensemble en font le bâtiment le plus austère de la ville nouvelle. La partie arrière a été remaniée et modernisée à partir de 1986.

Boulevard Alsace Lorraine

Napoléon Bonaparte avait prévu, dès 1803, l’aménagement de promenades encerclant la ville nouvelle. Ce projet de promenades semi-circulaires, peut-être du fait de leur vocation d’agrément, fut mutilé en 1864, lors de l’aménagement de la ligne de chemin de fer Auray-Napoléonville. Il n’en reste plus que le boulevard Alsace-Lorraine.

Gare de chemin de fer

Inaugurée en 1864, la gare était alors le terminus de la ligne de chemin de fer Auray-Napoléonville. Cette ligne fut prolongée vers Saint-Brieuc en 1872. Le bâtiment conserve sur un de ses pignons (maintenant caché) la mention « Napoléonville ». L’utilisation de briques dans la maçonnerie est caractéristique de l’architecture ferroviaire de cette époque.

LE PATRIMOINE MEDIEVAL

Depuis 1396, la cité est le chef lieu politique, judiciaire et militaire du fief de Rohan. Afin de confirmer la présence de la famille des Rohan en Bretagne centrale, Jean II de Rohan décide, en 1485, de bâtir à Pontivy un puissant château d'architecture militaire.

Basilique Notre-Dame de Joie

Reconstruite au début du XVIe Siècle à l’emplacement d’une église plus anciennement, Notre-Dame de Joie a été fortement transformée à la fin du XVIIIe Siècle, notamment grâce aux libéralités des ducs de Rohan, ainsi qu’à la fin du XIXe Siècle afin de répondre à l’accroissement de la population des fidèles. Elle conserve néanmoins des parties originelles, notamment la tour d’entrée- exception faite de la flèche-, dont la façade occidentale porte la date 1533.

Château des Rohan

Pour l’essentiel construit en 1479 et 1502, le château des Rohan est caractéristique de l’architecture militaire bretonne de la fin du XVe siècle. Le plan en quadrilatère irrégulier cantonné de tours rondes est de type philippien. Mais seules deux tours, celles de la façade principale, subsistent ici. La troisième (au nord-est) a été détruite au XIXe siècle. Quant à la quatrième (au sud-est), son existence originelle est encore aujourd’hui l’objet d’interrogations.

Place du Martray

A Pontivy, la Place du Martray fut longtemps le point central de la cité. Comme la plupart des places bretonnes portant ce nom, elle se trouvait à proximité des halles et des maisons à porche et accueillait une partie des commerçants les jours de foire ou de marché.

Rue du Fil

La rue du Fil, comme la place aux Fils (actuelle place Ruinet du Tailly) et la rue de la Cendre (utilisée pour le blanchiment des tissus), évoque l’industrie et le commerce de la toile qui marquèrent l’économie pontivyenne à l’époque des Rohan. La rue présente encore de beaux exemples de maisons à pans-de-bois.

Hôpital

Comme tout hôtel-Dieu sous l’Ancien Régime, l’hôpital de Pontivy devait jadis accueillir vieillards, pauvres, malades mais aussi voyageurs de passage, femmes enceintes et enfants abandonnés. Les bâtiments actuels sont une juxtaposition de constructions d’époques diverses. Seuls les murs extérieurs de la chapelle et la porte de Carhaix sont antérieurs au XIXe siècle. Longtemps tenu par les Sœurs hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve, congrégation fondée à Lamballe en 1661, l’hôpital de Pontivy bénéficia, jusqu’à la Révolution, d’une aide financière substantielle des seigneurs de Rohan.

Chapelle Saint-Ivy ou de la Congrégation

A la fin du XVIIIe siècle, la congrégation des artisans de Pontivy décide de reconstruire la chapelle dédiée à Saint-Ivy qu’elle utilisait jusqu’alors. La date 1770 est encore lisible en façade. La petite tourelle accolée à la gauche de la chapelle contient l’escalier en vis permettant l’accès aux étages supérieurs, notamment aux deux niveaux de tribunes et au clocher de plan carré qui couronne la façade.

Chapelle de la Houssaye (15-16-18ème siècle)

La chapelle possède une riche décoration intérieure. Le retable sculpté retrace la passion du Christ à travers 102 figures en costumes de pays et en armures du 16ème siècle. On y trouve quelques scènes facétieuses empruntées à la tradition théâtrale des bateleurs et de la bouffonnerie.

Chapelle Sainte-Tréphine (15-17ème siècle)

Petit chapelle en granit dont le clocher et la sacristie polygonale semblent avoir été ajoutés. La nef simple possède un beau retable polychrome au dessus de l'autel et des statues en bois. La voûte est recouverte d'un lambris peint qui raconte la vie de Ste Tréphine.

Canal du Blavet

Le Blavet était autrefois un axe économique essentiel à Pontivy : source d’eau indispensable aux habitants, il permit l’installation d’activités sur ses berges telles les pêcheries, tanneries et moulins. Le Blavet prend sa source au sud de Bourbriac, dans le département des Côtes d’Armor. Il s’écoule du nord vers le sud puis se jette dans l’Océan Atlantique, comme le Scorff, au niveau de la rade de Lorient.

Canal de Nantes à Brest

Décidé par Napoléon,  le projet insensé d’unir Nantes à Brest par l’intérieur des terres se heurte à d’énormes difficultés. L’aventure sera pourtant conduite à son terme. A son achèvement, en 1842, le canal constitue une voie d’au de 360 km ponctuée de 237 écluses. La région de Pontivy est traversée de part et d’autre par le canal de Nantes à Brest.

Maisons éclusières

Le trafic de péniches nécessitait, jusque dans les années 1950, la présence permanente d'un éclusier. Les maisons éclusières, construites pour la plupart entre 1800 et 1850 étaient alors les résidences principales de ces derniers.

Aujourd'hui encore, ces maisonnettes gardent ce charme d'antan. Les éclusiers, toujours présents, accueillent les plaisanciers en échangeant savoir-faire technique, mais également anecdotes et histoires du canal héritées des générations passées.